• Une riche Américaine, Mrs. Maurier, a invité ses amis artistes à participer à une croisière sur la Nausicaa, au large de la Nouvelle Orléans. C’est l’occasion pour les participants de s’observer, se jalouser, tenter d’entamer des relations amoureuses, tout en médisant mutuellement, se critiquant sans répit, au cours d’un inlassable bavardage qui rappelle le vol des moustiques à la recherche d’individus à piquer.

    Lorsqu’un incident survient et qu’un invité tombe à l’eau, la plupart des passagers s’écartent pour ne pas avoir à participer aux secours à apporter.

    Faulkner, avec une grande ironie, pour son second roman, décrit donc minutieusement le caractère à la fois prétentieux et futile du groupe de passagers attachés surtout à éviter les inconvénients d’un incident pour eux-mêmes.

    Ainsi, pour le second roman de Faulkner, il s’agît d’une belle réussite, encore assez éloignée du caractère profondément tragique de ses grands romans de la maturité.

     

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  • Dans les Années 1920, Joseph Roth, écrivain autrichien, séjourna à Berlin et il en profita pour publier des articles décrivant les tensions qui marquaient la société berlinoise à cette époque.

    Attentif à tous les aspects de la vie des Berlinois, il en dressa un tableau minutieux, sans oublier de monter l’ascension de ce qui allait devenir le parti nazi. Il insistait sur la pression qui déjà marquait les citoyens d’origine juive, et décrivait tout le petit peuple berlinois, en attachant un intérêt particulier aux délinquants et aux gens en marge.

    Ses articles se caractérisaient souvent par un humour grinçant, pointant les bizarreries de la vie dans la capitale allemande.

    L’aspect physique de la grande cité est aussi décrit dans ses chroniques, au même titre que les activités délictueuses de certains de ses habitants.

    Au total, il s’agît d’un brillant tableau d’une grande ville à un moment particulièrement sensible de son histoire, que l’auteur comprit mieux que la plupart de ses contemporains.

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  • Ce roman écrit par Flaubert en 1838, à dix-sept ans, est sa première œuvre littéraire. Véritable roman de formation, dans lequel l’auteur évoque son enfance, marquée par les sarcasmes de ses camarades de collège, il permet aussi à son jeune auteur d’évoquer la passion qu’il éprouva pour une femme mariée, Elisa Schlesinger, qui resta sans doute le modèle de l’amour de sa vie. Cet épisode se situait sur les plages de Normandie, lors de vacances passées à Trouville. Leurs échanges portent notamment sur leurs goûts littéraires, même si l’adolescent ressent un véritable amour pour son égérie, qu’il n’osa pas exprimer ouvertement.

    Un jour, il entendit les échos des ébats d’Elisa avec son mari, ce qui probablement l’empêcha de déclarer son amour. Après le départ d’Elisa, il retourna hanter la plage où il l’avait rencontrée initialement.

    Il s’agît d’un beau roman de formation, pour un tout jeune adolescent, promis à la gloire littéraire.

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  • Des relations ont été nouées entre Michel Leiris, Jean-Paul Sartre et Nathalie Sarraute. En particulier, la relation de cette dernière à Sartre a été importante. Nathalie Sarraute avait lu Les Mots.

    Elle publia Enfance en 1983, lorsqu’elle avait 82 ans, et continua à écrire ultérieurement. Cet ouvrage retrace son évolution depuis sa naissance à Ivanovo, en Russie, en 1900, sous le nom de Natacha Tcherniak. Son père était un scientifique, alors que sa mère écrivait des romans et des contes. En 1989, elle publia encore Tu ne t’aimes pas, qui exprime une forme de narcissisme inversé.

    Après la séparation de ses parents, la jeune Natacha suivit sa mère à Paris, dans le Vème arrondissement, avec le nouveau mari de celle-ci, un jeune étudiant russe. Natacha rejoint plusieurs fois son père, soit en Suisse, soit en Russie, puis à Paris.

    En 1906, elle suivit sa mère, qui décida d’aller vivre à Saint Pétersbourg, et s’en retourna à Paris trois ans plus tard pour retrouver son père avec sa seconde femme.

    Après cinq années de séparation, ses retrouvailles avec sa mère tournent court. Natacha poursuit ses études au lycée Fénelon et elle commence à écrire, sur l’incitation de son professeur de français.

    En 1920, elle passa son baccalauréat et réussit une licence d’anglais, qu’elle alla compléter à Oxford.

    Après quelques nouveaux séjours à Paris, puis à Berlin, elle s’inscrit en droit à Paris, où elle rencontre Raymond Sarraute, qu’elle épousa en 1925. Ils auront trois filles et elle devint avocate.

    Ultérieurement, elle abandonna sa profession pour se consacrer à l’écriture. Elle publia d’abord Tropismes dans les années 1930, avant de refaire un voyage en Russie. Tropismes ne connut le succès que quelques années plus tard.

    Pendant la seconde Guerre mondiale, Nathalie Sarraute, malgré son ascendance juive, refusa d’aller se réfugier en Suisse comme le firent son père et sa belle-mère. Elle fut contrainte de se cacher dans la vallée de Chevreuse.

    Après la Guerre, peu à peu le succès vint, avec Portrait d’un inconnu, préfacé par Sartre, puis Martereau.

    Ses essais des années 1940 à 1950, réunis sous le titre l’ère du soupçon seront reconnus ultérieurement comme les débuts du Nouveau Roman.

    Ce sera le déclenchement d’une notoriété croissante, qui accompagnera la publication d’un grand nombre  de romans et pièces de théâtre.

    Elle prit ses distances avec Sartre ainsi qu’avec Michel Leiris. Pour sa part, elle ressentait une impossibilité d’envisager une confession sexuelle. Cependant, elle connut des épisodes communs à ses devanciers : en particulier elle subit l’opération des végétations, comme Michel Leiris.

     

    Une édition de la Pléiade paraît en 1996, précédant de trois ans le décès de Nathalie Sarraute.

     

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  • Dernier roman publié par Claude Simon, en 2001, le Tramway est aussi l’un des plus courts. Le lecteur familiarisé avec l’œuvre de Claude Simon y retrouve ses longues phrases descriptives, destinées à représenter des pans de ses souvenirs dans un style toujours soutenu. A l’occasion de ce dernier opus, Claude Simon met en scène ses trajets en tramway, au cours de son adolescence, dans la ville de Perpignan.

    Le tramway y reliait le centre-ville à la plage, en assurant le ramassage scolaire. Claude Simon était attentif aux infimes événements qui pouvaient marquer le trajet, ainsi qu’à la maîtrise du conducteur de ce véhicule si étonnant et attirant aux yeux des enfants qui l’empruntaient quotidiennement. Le jeune Claude Simon y observait les passagers qui dévoilaient au cours de ces trajets des facettes de leur personnalité, sans se douter qu’un jeune garçon les inscrivait dans sa mémoire, sans encore savoir probablement, qu’un jour il développerait ces infimes souvenirs pour en faire la matière d’un roman.

    Il s’agît en somme de l’adieu d’un écrivain majeur.

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