• Dernier roman publié par Claude Simon, en 2001, le Tramway est aussi l’un des plus courts. Le lecteur familiarisé avec l’œuvre de Claude Simon y retrouve ses longues phrases descriptives, destinées à représenter des pans de ses souvenirs dans un style toujours soutenu. A l’occasion de ce dernier opus, Claude Simon met en scène ses trajets en tramway, au cours de son adolescence, dans la ville de Perpignan.

    Le tramway y reliait le centre-ville à la plage, en assurant le ramassage scolaire. Claude Simon était attentif aux infimes événements qui pouvaient marquer le trajet, ainsi qu’à la maîtrise du conducteur de ce véhicule si étonnant et attirant aux yeux des enfants qui l’empruntaient quotidiennement. Le jeune Claude Simon y observait les passagers qui dévoilaient au cours de ces trajets des facettes de leur personnalité, sans se douter qu’un jeune garçon les inscrivait dans sa mémoire, sans encore savoir probablement, qu’un jour il développerait ces infimes souvenirs pour en faire la matière d’un roman.

    Il s’agît en somme de l’adieu d’un écrivain majeur.

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  • L’âge d’homme est l’autobiographie que Michel Leiris entreprit de rédiger dans les années 1930-1935, après la rédaction de L’Afrique fantôme, récit de son voyage en Afrique.

    En 1933, Michel Leiris confia son projet : il devait s’agir d’une totale mise à nu visant à liquider son ancien moi pour bien marquer la rupture avec son existence ancienne, ainsi qu’avec les représentations traditionnelles des écrivains.

    Le récit débute par une confession sexuelle, exposant toutes ses inhibitions. Il comporte quatre parties :

    -         Son autoportrait des années 1934-1935,

    -         La métaphysique de son enfance,

    -         La peinture thématique de l’enfance,

    -         Le regroupement de tout ce qui fait sens.

    A l’exemple de Marcel Proust débutant  à la recherche du temps perdu par l’exposé de son problème du coucher, il ne veut pas de construction linéaire.

    Les derniers chapitres respectent néanmoins une narration plus suivie. La fin est ouverte sur des récits de rêves, souvenirs de la psychanalyse effectuée quelques années plus tôt.

    Le texte global ne comporte pas de conclusion.

    A cette époque Leiris souhaite effectuer une démystification, prenant parti contre les postures des surréalistes, qu’il avait pourtant fréquentés quelques années plus tôt.

    Pour sa part, Michel Leiris s’avoue bourgeois, heureux de la vie, malgré de profondes névroses : en particulier, il se tient pour quasi-impuissant.

    Dans son enfance, Leiris n’a pas reçu une éducation religieuse poussée. Pour combler cette lacune, il s’est construit des croyances spontanées, relatives au Père Noël, qu’il englobe au rapport entre la mort et la vieillesse. En outre, il est resté sensible au problème de l’accouchement.

    Son lien avec l’univers tragique serait né de la fréquentation de l’opéra, sous l’influence de la famille Roussel.

    Il expose notamment le complexe d’Holopherne, en lutte avec Judith et Lucrèce.

    Lucrèce est la femme vertueuse qui dénonce son viol par Tarquin en se plantant un couteau dans le cœur. Quant à Judith, elle séduit Holopherne avant de le décapiter.

    Il existe un rapport aux femmes dominatrices qui fascine Michel Leiris, en lien avec la problématique de la castration. Leiris est obsédé par les blessures. Très jeune il subit l’opération des végétations sans anesthésie et en conserva un souvenir cuisant. Il voit Holopherne comme un symbole de lui-même face à ces femmes. Il considère le Moi comme un tissu de représentations à partir duquel se construit la personnalité. Un autre pan de sa formation est constitué par la psychanalyse. Il pratique les associations comme dans la psychanalyse et marque un fort intérêt à la présence des rêves. Il s’approprie les vers de Guillaume Apollinaire :

    Cette femme était si belle

    Qu’elle me faisait peur.

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    Ce roman, qui met aux prises Charlemagne Persant, fils de paysans, avec tout son entourage, a un côté balzacien. Le moteur de cette histoire est la volonté de puissance du personnage central qui, par le choix de son grand-père, a reçu à sa naissance ce prénom impérial.

     

    Charlemagne Persant, lorsqu’il atteint la maturité, met toute son énergie à devenir entrepreneur. Il devint alors particulièrement dur avec tout son entourage, n’hésitant pas à écraser tous ceux qui envisageraient de se mettre en travers de son chemin. Ses entreprises prospèrent rapidement, mais sa totale absence de bienveillance fait naître des haines à son encontre au sein même de sa propre famille.

     

    Seule une liaison avec une prostituée noire l’humanise quelque peu, sans réussir à arrêter la vindicte de sa parentèle, qui souffre de subir ses mauvais traitements.

     

    Il s’agît au final d’un roman très fort, qui ne cherche en rien à atténuer la violence des relations familiales.

     

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  • L’essai de Gustave Le Bon fut publié en 1895, ce qui ne l’empêche nullement de rester parfaitement pertinent de nos jours.

    Gustave Le Bon a minutieusement analysé le comportement des foules sur un plan historique, en se basant sur des événements majeurs comme la Révolution française, par exemple. Cependant, il a constaté que le lieu et le temps historiques n’apportent guère de différences au comportement des foules. Celles-ci agissent toujours par impulsivité et mimétisme, en s’appuyant couramment sur les propos tenus par un seul individu au sein de la foule, d’autant plus facilement que l’individu envisage de s’en prendre à une personne particulière, par ailleurs inconnue de la foule. Gustave Le Bon note que ce cas se rencontra lors des grandes crises, comme la Révolution Française.

    Autrement, la foule agît par conformisme, impulsivité et sentiments. Plus un mot d’ordre crié dans une foule est simpliste, plus la foule est apte à y adhérer, sans aucun souci des conséquences que son application entraînera.

    Cet essai a eu une influence considérable dans le domaine des sciences sociales, et il est devenu irremplaçable pour tous les chercheurs, historiens ou sociologues, qui abordent ces questions.

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  • La première moitié du XVIIème siècle a été marquée pour les Pays-Bas par la naissance d’une nouvelle nation. Il s’agît des débuts du siècle d’or hollandais : de Gouden Eeuw en néerlandais.

    Au XVIème siècle, les Pays-Bas, alors appelés Provinces-Unies, étaient occupés par l’Espagne. Un soulèvement général est alors né, ce qui a perturbé l’approvisionnement du pays, du fait de la fermeture de leurs ports d’approvisionnement. Les Néerlandais sont donc obligés d’aller chercher les épices en orient et fondent à cet effet la compagnie des Indes orientales.

    Parallèlement à cette évolution politique, les Pays-Bas sont alors devenus l’un des grands foyers artistiques d’Europe. Un grand nombre de peintres ont produit une œuvre considérable, Johannes Vermeer étant considéré comme le plus emblématique d’entre eux. Sa Vue de Delft présente des similitudes avec la peinture de Rembrandt, dont la Ronde de nuit est l’une des œuvres les plus connues.

     

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    A la même époque,  Pieter Bruegel l'ancien expose la folie humaine dans le tableau intitulé Margot la folle.

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    Ainsi, toute cette période est-elle remarquable par le renouveau d’un pays qui fut longtemps occupé et colonisé par l’envahisseur espagnol. Une foison d’artistes sut montrer avec le plus grand talent la vie quotidienne du peuple, ainsi que certaines des grandes tragédies du siècle.

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