• L’Education sentimentale – Gustave Flaubert

    L’Education sentimentale est un roman qui suscite des avis souvent contradictoires de la part de ses lecteurs. Certains le jugent ennuyeux, d’autres critiquent la langue de Flaubert ou l’inexactitude de certains détails, à l’exemple de Julien Gracq.

    Il s’agît pourtant d’un roman bâti sur un thème relativement classique : un adolescent tombe amoureux d’une femme mariée et mère de famille lors d’une rencontre fortuite, et il s’efforce de poursuivre cette femme tout au long des années suivantes, sans grand espoir de succès, compte tenu de l’écart d’âge et de la situation matrimoniale de son égérie.

    A l’encontre des appréciations négatives formulées par certains commentateurs, un auteur comme Kafka encensait ce roman, qu’il jugeait magistral.

    Cette variété de critiques peut se comprendre par le fait qu’il s’agît d’un roman quelque peu étrange. En effet, l’idylle du jeune Frédéric Moreau est entrecoupée d’aventures avec d’autres femmes, en particulier avec la jeune Rosanette, qui était la maîtresse d’Arnoux, le mari de son égérie. Il aura même un enfant né de sa liaison avec Rosanette.

    Parallèlement à ses aventures sentimentales avec d’autres femmes, Frédéric Moreau est fortement touché par l’éclatement de la révolution de 1848, à laquelle ses amis, anciens compagnons d’étude, à des degrés divers, prennent une part active.

    Il existe donc dans ce roman un fond diversifié mêlant l’Histoire à des aventures sentimentales qui se prolongent durant toute une vie, marquée de surcroît par des soucis relatifs à l’argent.

    Ainsi, le lecteur familier des romans du XIXème siècle se sent-il naturellement dans un monde connu, du fait des ouvrages produits par les grands confrères de Flaubert, que ce soit Balzac, Stendhal ou Victor Hugo.

    De même comprend-on bien l’enthousiasme de Kafka après avoir achevé la lecture de l’Education sentimentale : Flaubert l’avait précédé dans la création d’un antihéros qui court d’échec en échec.

    Quant à la critique de la langue de Flaubert, elle me semble bien excessive, alors qu’au fil des pages, le lecteur s’imprègne de ce style si fluide, dans lequel il est bien difficile de déceler une maladresse.

     

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