• La Généalogie de la morale – Friedrich Nietzsche

    Dès l’introduction, Nietzsche place la Généalogie de la morale à un niveau très élevé, dans son œuvre comme dans « l’histoire des connaissances morales et religieuses ».

    « Ce livre, ma pierre de touche pour tous ceux qui sont de mon bord, a la chance de n’être accessible qu’aux esprits les plus élevés et les plus exigeants : les autres n’ont pas d’oreille pour entendre ce que je dis. Il faut mettre sa passion dans les choses où personne ne la met aujourd’hui… »

    Cet ouvrage a reçu les faveurs d’une large partie du public qui lit des traités de philosophie, en raison notamment de son mode d’exposition, qui a abandonné la juxtaposition d’aphorismes, courante chez Nietzsche dans la plupart de ses œuvres antérieures, au profit d’un découpage en trois traités :

    1)     Bon et méchant. Bon et mauvais.

    2)    « Faute », « Mauvaise conscience » et phénomènes apparentés

    3)    Que signifient les idéaux ascétiques ?

    Ce nouveau type de présentation ne rend pas la lecture totalement sans effort, car le style de Nietzsche demeure toujours ironique, mordant, privilégiant les images inattendues et les incises parfois contradictoires avec le sens premier du passage qui précède. Néanmoins, le lecteur, après avoir achevé sa lecture, éprouve moins de difficultés à récapituler les thèmes principaux et à reconnaître les articulations marquantes que dans un texte rédigé sous la forme aphoristique chère à Nietzsche.

    Naturellement, dans cet ouvrage de la maturité, Nietzsche n’oublie pas son projet philosophique général : « le renversement des valeurs et le combat contre le nihilisme ».

    Toute la pensée de Nietzsche, enrichie par ses précédents traités, retrouve les mêmes thèmes. Il rappelle que très tôt, l’un de ses motifs de préoccupation principaux a concerné la morale et notamment « la question de savoir quelle origine au juste ont notre bien et notre mal. »

    Ce qu’il y a de passionnant dans l’ouvrage de Nietzsche, c’est qu’il révèle les questions mêmes qui ont surgi dans son esprit lorsque ce thème s’est imposé à lui, dans son adolescence. Il relate, à moitié par boutade, que la solution qu’il trouva à treize ans fut d’accorder l’honneur à Dieu, faisant de lui « le père du mal ».

    Plus tard, ces questions évoluèrent de façon plus élaborée : « dans quelles conditions l’homme a-t-il inventé ces jugements de valeur du bien et du mal ? »

    Il en vint bien vite alors à la question de la valeur et de la provenance de la morale ascétique, qui resta jusqu’à la fin de sa recherche philosophique l’un des éléments sur lesquels sa condamnation fut la plus forte.

    Il maintint son hostilité à « la morale de la pitié, comme le symptôme le plus inquiétant de notre culture européenne devenue inquiétante, comme son détour vers un nouveau bouddhisme, vers le nihilisme ».

    A l’inverse, Nietzsche propose de prendre les choses avec gaieté d’esprit, ce qu’il nomma le gai savoir, titre de l’un de ses premiers ouvrages.

     

     

    Vous pouvez lire également :

     


    Nietzsche - Le Gai Savoir

     

    Le Crépuscule des idoles, ou comment on philosophe au marteau – Friedrich Nietzsche

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