• La Sonate à Kreutzer – Léon Tolstoï

    Ce court récit débute dans un train, comme c’était assez fréquent au XIXème siècle, surtout chez les romanciers russes.

    Dans le compartiment, trois voyageurs ont pris place : une femme âgée avec un avocat qui l’accompagne, et un homme indéfinissable.

    Les deux premiers évoquent la recrudescence des divorces en Russie. Le voyageur solitaire intervient dans la conversation en affirmant que l’amour est un mythe, que seule l’attirance physique pousse les humains à s’unir. Cet individu nommé Poznychev finit par déclarer qu’il a tué sa femme. Il va alors expliquer le déroulement des événements qui l’ont amené à accomplir ce meurtre.

    Dès les premiers temps, son mariage apparaissait comme un échec, et les relations entre les deux conjoints étaient mauvaises. Poznychev affirme que les unions ne reposent que sur des illusions et sur l’attirance physique  que ressentent les individus, ce qu’il considère comme néfaste et coupable. Il prétend que le devoir des humains est de suivre l’exemple du Christ.

    Néanmoins, au cours de sa conversation, il déclare qu’il présenta un musicien à sa femme qui, elle-même, jouait du piano. Celui-ci, nommé Troukhachevski, jouait du violon. Ils s’exerçaient de concert à interpréter la Sonate à Kreutzer de Beethoven.

    Assistant à l’entente parfaite des musiciens au cours de leur répétitions, Poznychev ressent une jalousie insoutenable et va accomplir l’irréparable.

    Toute la matière de cette nouvelle, somme toute relativement banale, incite Tolstoï à ajouter une longue postface à son œuvre, dans laquelle il dénonce l’attirance des jeunes gens pour la vie sexuelle, et même la procréation.

    Il en vient même à nier toute pertinence à la reproduction en tant que telle, c’est-à-dire à envisager l’extinction de l’espèce comme remède aux maux qu’il dénonce.

    Il est difficile pour le lecteur contemporain d’imaginer que Tolstoï avait toute sa raison lorsqu’il écrivit la postface totalement nihiliste à son œuvre. Il est également connu qu’à la fin de sa vie il s’était mis à errer comme un vagabond.

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