• Le détour – Gerbrand Bakker

    Une femme d’âge moyen loue une maison isolée dans le Pays de Galles. Arrivée en voiture des Pays-Bas après une traversée houleuse de la Mer du Nord, elle découvre progressivement son nouvel environnement, la dizaine d’oies dont elle a la garde, les blaireaux qui errent aux alentours. Elle fait connaissance avec les commerçants de la petite ville voisine, qui la prennent généralement pour une Allemande.

    Le roman narre son adaptation à son nouveau milieu, la précarité de son existence présente. Il mentionne la thèse que la femme a entamée au sujet de l’œuvre de la poétesse américaine Emily Dickinson.

    Un jour, un adolescent passe à côté de la maison. Une relation se noue ; l’adolescent reste.

    Parallèlement, peu à peu se dévoile le passé de cette femme, les tensions familiales qu’elle a pu connaître. Son mari, demeuré aux Pays-Bas, apparaît.

    Tout l’intérêt et le charme de ce roman résident dans le dévoilement progressif des nœuds de la vie de cette femme au travers de ses réflexions personnelles, de ses tentatives, de ses incertitudes, en même temps qu’apparaissent les timides démarches de son mari en vue de retrouver sa trace.

    Roman des ruptures de la vie, de la délicate cohabitation entre les générations, de la longue patience que requiert l’élaboration d’une thèse universitaire, le détour embarque le lecteur dans une aventure modeste, toute en demi-teinte, où les révélations parviennent dans le désordre, au fil d’un inconscient troublé.

    Ce roman au rythme lent requiert une attention minutieuse pour bien se pénétrer des multiples fils qui finissent par se nouer à l’écart du bruit et de la fureur du monde.

    Il s’agit d’un très bel exercice de narration.

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