• Les désarrois de l’élève Törless – Robert Musil

    Les désarrois de l’élève Törless est un de ces romans de formation qui retiennent l’attention pour avoir exprimé des phénomènes pourtant courants, mais qui étaient généralement passés sous silence, bien avant que l’ordre moral commençât à s’estomper.

    Le jeune Törless est un adolescent ambitieux qui choisit d’effectuer ses études secondaires dans l’école de W., une petite ville située « sur la ligne de Russie », c’est-à-dire dans les régions orientales de l’Empire d’Autriche Hongrie.  Cet établissement réputé pour donner la meilleure éducation attirait les futures élites de l’Empire. Ce choix, immédiatement passée la séparation d’avec sa famille, causa un grand trouble à Törless, déprimé par l’aspect austère de l’établissement.

    Bientôt plongé dans le quotidien de sa nouvelle vie, il eut d’autres difficultés à affronter. Au début de l’adolescence, les garçons ressentent les premiers élans de la sensualité et, dans la petite ville de W., c’est auprès d’une prostituée vieillissante, Bozena, qu’ils tentaient de la satisfaire, sans ressentir une grande excitation.

    A l’intérieur de l’établissement, les relations sont rugueuses. Törless se lia bientôt à deux camarades, Reiting et Beineberg, qui lui firent part des difficultés qu’ils connaissaient avec Basini, un élève qui avait emprunté de l’argent et ne parvenait pas à le rembourser.

    Ces prémisses conduisent à une situation où les deux « amis » de Törless harcèlent Basini, le maltraitant et le poussant à des relations homosexuelles que la victime acceptait sans trop se plaindre.

    L’intrigue verse ainsi dans le mélange de la terreur qu’exerçaient les deux camarades de Törless envers Basini, et de l’homosexualité dans laquelle les quatre adolescents trouvent un exutoire fortement teinté de sadomasochisme.

    Törless, décidément décalé dans ce milieu, est également gagné par des troubles intellectuels, notamment vis-à-vis des mathématiques, et en particulier des nombres imaginaires.

    Remarquablement mené, ce roman constitue certainement l’une des meilleures analyses des difficultés de l’adolescence, exacerbées par la vie en vase clos d’un internat rigoureux.

     

    Tous ces thèmes reviendront d’ailleurs dans l’œuvre maîtresse de Musil, L’homme sans qualités.

     

     

     

     

    Autre texte consacré à Robert Musil : L’accomplissement de l’Amour – Robert Musil

     

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