• Les Hauts de Hurlevent – Emily Brontë

    Emily Brontë a composé, avec les Hauts de Hurlevent, l’un des romans les plus emblématiques de son siècle en Grande Bretagne. Depuis ma première lecture à l’adolescence, ce roman continue de me hanter, avec son atmosphère pesante, qu’il s’agisse du climat inhospitalier des hautes terres du Yorkshire où se déroule son action, ou de la tension extrême que génèrent et subissent ses personnages aux caractères abrupts.

    La bonté décomplexée de Mr. Earnshaw qui recueillit le jeune Heathcliff, orphelin sombre comme un Bohémien, associée à l’ouverture d’esprit de sa fille Catherine, qui sympathisa immédiatement avec l’enfant abandonné et en fit son compagnon de jeux et de promenades, permirent à celui-ci de prendre goût à la vie et de se développer.

    Dans ce milieu protecteur, le garçon sans racines s’éduqua  et s’ouvrit à une vie enrichissante, malgré la dureté des conditions d’existence et, à l’adolescence, les sentiments des deux jeunes gens se renforcèrent, jusqu’à ce que Catherine éprouvât une grande admiration pour son cousin Edgar Linton, aux manières raffinées et à la grande culture, suscitant l’incompréhension de Heathcliff qui ne put réagir qu’en se durcissant pour préparer une vengeance impitoyable. Tout dans ce roman est extrême : le climat naturellement, l’opposition entre l’amour et la haine, la sauvagerie côtoyant l’éducation, la rudesse de la demeure des Earnshaw aux Hauts de Hurlevent située au sommet de la colline, en contraste avec le charme de Thrusscross Grange dans la vallée, où habitaient les Linton.

    Dans ce monde, l’éducation même est un enjeu et une source de conflits. Le laisser aller dans lequel restent confinés les déshérités, comme le jeune Heathcliff ou le rejeton Hareton Earnshaw dans leur enfance, constitue un puissant motif de rébellion qui permet de nouer l’intrigue.

    Le mode d’exposition du roman lui-même, avec le croisement de ses différents narrateurs, qui se complètent et fournissent des informations sous des angles divers, contribue à la complexité de l’intrigue et oblige le lecteur à une attention soutenue.

    Avec une grande maîtrise, la romancière, dont tous les commentateurs soulignent le manque d’expérience qu’elle a subi au cours de sa vie, à travers des tensions particulièrement fortes, conduit son ouvrage à son terme dramatique, inexorablement. Le lecteur ressent nécessairement au fil de sa lecture le poids de la fatalité.

    Il serait absurde de souligner certaines invraisemblances dans un tel livre : tout comme les tragédies de Shakespeare ou les romans de Dostoïevski, c’est le drame dans toute sa noirceur que ce livre offre à ses lecteurs.

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