• Métaphysique de l’amour Métaphysique de la mort – Arthur Schopenhauer

    Sous ces deux titres similaires, Schopenhauer a écrit deux études complémentaires sur des questions auxquelles les êtres humains sont tous confrontés.  

    Pour la première, la thèse est claire : les jeunes gens à l’adolescence ressentent une attirance envers telle ou tel partenaire pour des motifs relatifs à l’aspect physique et, éventuellement, aux qualités morales. Ceux-ci peuvent également être complétés par le niveau de fortune de la famille et l’éducation reçue.

    Pour Schopenhauer, ces motifs sont illusoires. Sans en être conscients dans la plupart des cas, la principale force qui unit deux jeunes gens est le besoin de perpétuer l’espèce. Ainsi, tout le romantisme qui a prévalu surtout au XIXème siècle, à l’époque où vivait Schopenhauer, est battu en brèche. Bien loin de toutes les étapes traditionnelles de l’idylle amoureuse, le projet collectif de toute l’humanité demeure la perpétuation du genre humain, et quels que soit les éléments supposés qui ont prévalu aux unions, le résultat est clairement annoncé.

    Schopenhauer ne prend même pas la peine d’aborder la question des couples qui, à l’encontre de leurs désirs, ne peuvent avoir d’enfants : dans sa logique, il ne doit s’agir que d’accidents de l’Histoire de l’humanité.

     

    ***

    La deuxième étude procède d’une logique tout aussi assumée par l’auteur pour établir que la vie d’un individu ne commence pas à sa naissance et ne se termine pas à son décès mais résulte là encore d’un processus général, selon lequel toute vie est le fait d’un phénomène global. Avant même sa naissance, durant sa gestation, l’individu appartient déjà à l’espèce humaine. Son existence, plus ou moins longue selon les cas, est régie par les hasards de la vie humaine, mais son terme, la mort, pour Schopenhauer, n’est rien. Avant la naissance de l’individu, celui-ci n’était rien, et après son décès il redevient ce rien.

    Chaque être humain, qui n’est qu’un élément de l’espèce parmi une multitude d’autres, « ne peut être que fini. » Après sa mort, tout ce qui constituait son caractère et son individualité disparaît, se confondant à l’individualité de tous les autres, dont il est indiscernable.

    Ainsi, la thèse de Schopenhauer aboutit à une forme d’athéisme particulièrement rigoureuse.

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