• Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

     

    Ce roman évoque le projet de construction d’un pont au-dessus de la Corne d’or, à Istanbul, par Michel-Ange. Dans la réalité, les sources mentionnent bien un projet de pont au-dessus de ce bras de mer, produit par Léonard de Vinci, et cité par l’auteur, mais aucune biographie de Michel-Ange ne mentionne l’investissement de l’artiste dans ce domaine. Il s’agit donc d’une fiction.

    Cela n’atténue en rien l’intérêt du roman qui présente l’artiste destinataire de cette commande d’abord hésitant sur la réalisation à produire, et élaborant à la fin le plan d’un pont, selon la demande du sultan Bayezid II.

    C’est l’occasion pour l’auteur d’introduire toute une série de personnages qui cherchent à se placer dans l’orbite de l’artiste, pour des motifs divers, et de décrire ce dernier comme un individu incertain, tenté par différents comparses turcs, et se prenant finalement au pari qui lui aurait été proposé, ne serait-ce que pour supplanter son rival Léonard.

    Toute cette narration semble ternir quelque peu l’image de Michel-Ange, artiste qui de nos jours paraît avoir largement dominé son époque, le public demeurant la plupart du temps dans l’ignorance de sa vie quotidienne.

    L’auteur prend néanmoins la peine d’évoquer le vif mécontentement du pape Jules II, qui avait commandé la construction de son tombeau à Michel-Ange, et dont le lecteur imagine bien volontiers qu’il aurait été furieux d’apprendre que celui-ci aurait délaissé sa commande pour répondre aux attentes du Sultan, avec lequel il était forcément en délicatesse, pour des motifs tant religieux que politiques.

    Ainsi, avec toute sa fantaisie, ce roman présente beaucoup d’attraits aux amateurs de fictions historiques.

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