• Le tour du Canigou

    Notre groupe se constitua à la gare de Perpignan – le centre du monde selon Salvador Dali. Nous étions seize. Le guide arriva et nous conduisit vers un bus qui devait nous emmener à Arles-sur-Tech. Là, un minibus nous prit en charge et nous permit d’arriver à Lamanère, ancien prieuré construit sur les premières hauteurs des Pyrénées, où nous passâmes notre première nuit, après une montée vers le point culminant du site.

    Le tour du Canigou

    De là nous gagnâmes Serralongue où coule un ruisseau sous un antique petit pont. Le lendemain, notre marche se poursuivit vers les Prats-de-Mollo-la-Preste, abordant les hauteurs par un sentier au milieu de la forêt. Nous commençâmes à apercevoir les sommets de la chaine au travers d’une végétation luxuriante qui fit place à une herbe rase parsemée de petits rochers à Py. Le lendemain, il fallut traverser un torrent sur des pierres à Casteil, dans la vallée  de Cady, agrémentée de plusieurs petits lacs, avant d’aborder la montée vers le Canigou. Le sentier était assez raide et disparut lorsque nous abordâmes le pic rocheux, que nous escaladâmes sans grande difficulté, la roche présentant des anfractuosités en forme de marches sur toute sa hauteur. Depuis le sommet, la vue est admirable sur les montagnes et la Méditerranée.

     

    Le tour du Canigou

     

    Ce fut une grande satisfaction pour l’ensemble du groupe, et surtout pour ceux qui étaient gagnés par la crainte en arrivant au pied de la montagne. La descente commença tranquillement et s’interrompit à deux reprises dans deux petits refuges non gardés, où il fut même possible d’allumer un feu. En revanche, la dernière partie du parcours fut assez difficile en raison du déclenchement d’un violent orage, accompagné de la chute de grêle, qui inondait le sentier et rendait notre marche périlleuse par la foudre qui atteignait les rochers autour de notre groupe. Ce fut un moment de forte tension.

    Heureusement, notre arrivée au gîte de Batère permit à tout le groupe de se sécher et de se reposer avant le dîner.

    Le dernier jour, nous descendîmes vers Arles sur Tech à travers la forêt, avant de profiter d’une calme nuit à l’hôtel.

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  • Nous avions rendez-vous le 3 juillet à la gare de Montroc le Planet. Deux guides appelèrent chacun les membres de leur groupe, puis chaque groupe partit. J’étais dans le premier groupe. A partir du village du Tour nous empruntâmes un sentier qui montait vers la montagne des Posettes pour atteindre le col de Balme, à la frontière entre la France et la Suisse. En cours de chemin, notre premier repas eut lieu face à la chaîne du Mont Blanc, sur un replat.

    Du col de Balme, nous descendîmes le long du glacier du Trient pour rejoindre le village du même nom, où nous devions dormir dans un gîte où tout notre groupe de dix randonneurs était réuni dans un dortoir plutôt exigu et sans éclairage.

    Le lendemain, nous remontâmes le long du glacier du Trient, avant d’atteindre un pierrier très impressionnant à travers lequel nous avons accédé à la Fenêtre d’Arpette à 2700 mètres d’altitude, après une montée assez escarpée.

    Le tour du Mont-Blanc


     

    Nous fûmes donc d’autant plus surpris lorsque nous fûmes rejoints à la dite Fenêtre par un couple qui portait un bébé : cela paraissait tellement incongru ! Après avoir déjeuné, nous sommes descendus sur l’autre versant, à travers pierriers et champs de neige, vers un sentier qui nous conduisit à Champex, toujours en Suisse, où un gîte nettement plus confortable que le précédent nous attendait.

    Le matin suivant, un minibus nous emmena vers le village de la Foully, à partir duquel nous sommes montés vers le col Ferret (2540m), à la frontière avec l’Italie, d’où nous avions de superbes vues sur les sommets environnants.

    Le tour du Mont-Blanc

     


     

    Puis nous sommes descendus dans le Val Ferret italien, sous les contreforts de l’envers du Mont Blanc et nous nous sommes approchés de l’extrémité du glacier du Pré du Bar.

    Le quatrième jour, nous sommes montés au refuge Bonatti, avant de traverser les hameaux de Séchéron et Armina, puis de poursuivre notre chemin sur un long sentier en balcon d’où nous avons pu admirer tous les superbes paysages des sommets avant de descendre vers Courmayeur en Italie et gagner notre gîte, qui était le plus confortable de tout le parcourt.

    Le lendemain, la randonnée se poursuivit sur le balcon sud du Mont Blanc d’où nous pouvions apercevoir la langue du glacier du Miage et de son lac glaciaire.

    Le tour du Mont-Blanc

    Puis nous sommes montés au col de la Seigne, à la frontière franco-italienne avant de descendre vers les Grands Mottets, le plus vaste refuge où nous avons dormi.

    Le sixième jour nous conduisit au col des Fours, le point culminant de notre randonnée, à 2714m.

    Le tour du Mont-Blanc

     

     

    Le tour du Mont-Blanc

     

     

    Le tour du Mont-Blanc

     

     

    La descente s’effectua par le col du Bonhomme, puis par l’ancienne voie romaine au fond de la vallée. Un minibus nous transporta alors aux Contamines-Montjoie, où nous avons dormi dans un petit hôtel.

    Le dernier jour, nous sommes montés jusqu’au glacier de Bionnassay en passant par le col du Tricot. A proximité du glacier, il fallait traverser un petit pont suspendu, en lattes de bois, passage légèrement vertigineux au dessus du torrent.

     

    Le tour du Mont-Blanc

     

    De ce point, la vue sur la vallée de Chamonix est très impressionnante. La fin de la journée nous vit descendre vers le village des Houches, terme de notre randonnée, où nous nous sommes séparés.

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  • En ce début d’été, nous avons choisi de retourner à Berlin, pour la troisième fois. Arrivés à l’aéroport Berlin Tegel, nous avons d’abord pris le bus TXL vers une station du S-Bahn, d’où nous avons gagné un arrêt où une nouvelle correspondance vers un tramway nous attendait.

    Notre hôtel de la Prenzlauer Allee était bien situé et confortable. Après avoir posé nos bagages, nous sommes ressortis pour un rapide déjeuner à Knackstrasse. L’après-midi, nous avons rejoint le centre de la ville, à l’incontournable Alexanderplatz, toujours aussi fréquentée, et flâné dans les cours des Hackesche Höfe, un ensemble d’immeubles très soigneusement restaurés où résidaient de nombreux citoyens juifs. Notre promenade s’acheva sur les quais de la Spree, bordés de jardins ici et là, autour de l’Île aux musées.

    Le lendemain, par une journée très chaude, nous avons décidé d’aller en bus vers Wannsee, la banlieue résidentielle située au bord du lac du même nom, dans le prolongement de la Havel. En chemin, nous avons fait une courte incursion sur l’île de Lindwerder, de faible superficie, où un restaurant constitue le seul établissement public, mais, ce jour-là, la totale absence de consommateurs ne nous incita pas à y déjeuner.

    Nous avons donc repris le bac et un bus nous conduisit à Wannsee, où nous avons d’abord visité la superbe maison de Max Liebermann, un peintre qui fut l’ami de Van Gogh et en subit l’influence.

    Notre itinéraire touristique se poursuivit par la visite, beaucoup plus pathétique, de la villa où s’était déroulée en janvier 1942 la conférence, présidée par Reinhard Heydrich, l’un des plus proches collaborateurs de Hitler, destinée à organiser la « solution finale ». Les salles ouvertes à la visite ont une grande valeur didactique pour démontrer toute l’horreur de l’idéologie Nazie et le caractère abominable de la déportation et l’élimination de toute la population juive.

    Toujours à Wannsee, nous avons pris le bac vers l’Île aux Paons, la Pfaueninsel, île très verte où un petit château a été construit au XVIIème siècle, près de l’élevage des paons.

    Au centre de Berlin, nous avons encore visité quelques uns des très beaux musées, notamment l’Alte National Galerie, qui contient de nombreuses œuvres de Max Liebermann, de Caspar David Friedrich et d’Adolph Menzel, ainsi que de plusieurs peintres impressionnistes français. L’exposition de ces œuvres est très didactique, dans sa volonté de montrer la proximité relative qui unissait l’expressionnisme allemand et l’impressionnisme français.

    Autre musée à ne pas manquer, le musée historique – Historisches Museum – présente une intéressante rétrospective de l’histoire allemande au cours des siècles, et montre un film sans concessions sur le XXème siècle, exposant en détail les horreurs du nazisme.

    L’après-midi, dans le même musée, une conférence sur les différences de cultures entre la RFA et la RDA nous parut moins claire, du fait que la conférencière parlait très vite d’une voix fluette.

    Nous eûmes aussi un aperçu de la ville depuis la coupole du Berliner Dom, la grande cathédrale néo-classique du centre de Berlin.

    Berlin revisité

    Pour compléter notre connaissance de la vie juive à Berlin, nous sommes entrés dans la synagogue d’Oranienburgerstrasse, mais la visite fut assez décevante : seuls quelques objets épars sont exposés dans différentes salles, sans grandes explications. Il ne s’y trouve aucune grande salle de réunion ou de prière pourvue d’un mobilier adéquat. En revanche, la petite église Sainte Sophie, toute proche au milieu de son jardin, est un bâtiment accueillant.

    Toujours dans le même quartier, nous avons visité le petit musée Blindenwerkstatt in Haus Schwarzenberg, situé dans une cour dont les murs sont décorés de diverses peintures. Le musée rend hommage à Otto Weidt, un petit entrepreneur qui, pendant la Seconde Guerre Mondiale employa des ouvriers juifs à fabriquer des brosses et réussit à faire classer son entreprise comme stratégique par les autorités de l’Etat : il réussit ainsi à sauver de nombreuses personnes des chambres à gaz.

    Le lendemain, pour sacrifier à nos habitudes des précédents séjours à Berlin, nous sommes allés déjeuner à Savignyplatz, avant de nous adonner au shopping dans le Kurfûrstendamm.

    Pour la fin de notre séjour à Berlin, nous avons suivi une visite guidée du centre de Berlin par un jeune étudiant très dynamique qui nous fit partir de Pariserplatz, lieu stratégique adossé à la Porte de Brandebourg, bordée par l’Ambassade de France et la Légation des Etats-Unis, à deux pas de l’Ambassade de Russie, dans Unter den Linden. Il nous conduisit rapidement au mémorial de l’extermination des Juifs, situé à côté de Hannah Arendt Strasse, d’où nous avons vite gagné une place de l’ancien Berlin Est, où le régime avait construit des immeubles d’habitation de bonne qualité, toujours bien entretenus, qui entourent le point  où se situait l’entrée du bunker d’Hitler. Le tour se poursuivit vers la moderne Potsdamer Platz, près de laquelle se situe le Ministère des Finances, abrité par un immeuble construit par les Nazis.

    A deux pas, nous avons gagné Check Point Charlie, l’ancien lieu de passage entre Berlin-est et Berlin-ouest pendant la guerre froide, qui nous a semblé bien dénaturé depuis notre première visite en 1994.

    Le guide nous a aussi montré des vestiges du mur qui séparait les deux parties de Berlin, avant de nous ramener à Gendarmenmarkt, dans le centre historique, sans conteste l’une des plus belles places de la ville avec ses deux églises jumelles : l’église allemande et l’église française, construite au XVIIème siècle à l’usage des Huguenots français, émigrés après la Révocation de l’Edit de Nantes. Tout à côté, se situe également Bebelplatz, devant l’Université Humboldt, sur laquelle eurent lieu les premiers « autodafés » de livres, sous le IIIème Reich.

    Berlin revisité

    Au total, cette visite fut tout-à-fait passionnante, en raison des commentaires détaillés du guide, en allemand, que nous eûmes la satisfaction de comprendre correctement.

    Enfin, nous avons couronné notre séjour par la visite des salles d’apparat du château de Charlottenburg, que le roi de Prusse Frédéric II avait fait aménager par de grands artistes et décorer de tableaux des maîtres français qu’il appréciait.

    Ce bref sejour a conforté notre goût pour la capitale allemande, très accueillante et où les commerçants que l’on côtoie sont très aimables et professionnels.

     

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  • J’avais dix-huit ans. En prépa HEC au lycée, après l’interdiction de Hara Kiri, nous échangions Charlie Hebdo entre camarades. Nous le lisions pendant les interclasses, voire même en cours, à l’insu du professeur.

    J’appréciais particulièrement les articles de Cavanna et de Delfeil de Ton, ainsi que les dessins de Wolinski et de Reiser. Bien sûr, je conservais toujours un intérêt aux aventures du Grand Duduche, notre modèle à tous.

    A l’époque, la rédaction d’un journal aussi polémique ne risquait guère que l’interdiction de publication par un pouvoir politique arbitraire.

    Personne n’envisageait de se faire collectivement assassiner par des terroristes pour avoir outrepassé un quelconque interdit religieux ou moral.

    Les années suivantes, dans mes trajets en chemin de fer entre Paris et Reims, il m’arrivait encore souvent de lire Charlie Hebdo. Après l’entrée dans la vie professionnelle cette habitude est progressivement tombée en désuétude.

    Le drame actuel me pousse à revenir à mes anciennes inclinations : nous allons souscrire un abonnement. Je suis convaincu que des journalistes humoristes courageux vont reprendre le flambeau.

    C’est un pari contre la bêtise de l’intolérance et des comportements totalitaires.

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  • A Florence le matin, après une nuit d’hôtel près de l’aéroport, un bus nous conduisit au centre de la ville, sur la piazza della Stazione. Après avoir recueilli toutes les informations nécessaires à l’office du tourisme, nous nous sommes dirigés par les ruelles étroites vers l’Arno, que nous avons traversé sur le ponte S. Trinita, face à la via Maggio, où nous avions réservé une chambre dans une vieille maison, à deux pas du Palazzo Pitti.

    Par la suite, pour aller dans le centre, nous empruntions presque toujours le Ponte Vecchio, tellement fréquenté qu’en son milieu, seul espace non bordé de maisons et donc ouvert au fleuve, il est parfois malaisé d’apercevoir celui-ci.

    Florence 2014 006

    En touristes consciencieux, nous avons évidemment visité le somptueux « Duomo », la cathédrale Santa Maria del Fiore, et avons sacrifié à la montée des 414 marches du campanile d’où, même sous un ciel gris, la vue est admirable sur les toits de la ville et les clochers des églises.

    Entre le Duomo et l’Arno s’étire tout le centre de Florence avec son réseau de ruelles étroites au plan en damier, où, ici ou là, se détachent de très vieilles bâtisses, comme la maison attribuée, sans aucune certitude, à Dante Alighieri. Le principal point de rencontre de ce quartier est incontestablement la Piazza della Signoria, vers laquelle toute la ville semble affluer, au pied du Palazzo Vecchio devant la loggia della Signoria, dans laquelle domine la statue de Persée montrant la tête de Méduse, réalisée par Benvenuto Cellini.

    Notre visite des Offices, malgré la foule, était un enchantement, alors que la galerie de l’Accademia suscita une certaine déception : hormis la pièce maîtresse qu'est le David de Michel-Ange et les ébauches de ses statues d’esclaves, l’essentiel de la collection est constituée de statues beaucoup plus récentes, sans grande originalité, et de tableaux d’épigones de Giotto, d’un intérêt secondaire. Beaucoup plus intéressant nous parut le musée du Bargello, ainsi que la remarquable collection du Palazzo Pitti.

    Par beau temps, il est agréable aussi de longer les rives de l’Arno. Ainsi, depuis la Basilique Santa Croce où se trouvent les tombeaux de quelques Florentins d’importance, comme Machiavel, nous avons suivi le quai jusqu’au ponte S. Niccolo, que nous avons traversé pour un retour par la rive gauche en nous élevant vers les jardins par des petites ruelles pentues.

    A Pise, tout le quartier commerçant et résidentiel qui s’étend devant la gare est beaucoup plus aéré que le centre de Florence. Dans cette ville où tout concourt vers la fameuse tour, il est agréable de flâner, avant d’aller déjeuner à la terrasse d’une trattoria sur une petite place pleine de charme, d’où le haut de la tour se détache. Encore une fois, nous n’avons pas manqué à l’obligation d’admirer la ville depuis la galerie supérieure de cette construction si renommée. Il convient de noter que le baptistère situé derrière le Duomo est également un monument remarquable.

    Florence 2014 035

    A Sienne, la sortie de la gare constitue déjà une expérience notable : toute une série d’escalators et de tapis roulants permettent aux voyageurs de s’extraire de cette gare enfoncée dans un vallon profond pour gagner le haut des collines où se situe ce faubourg de la ville. Lorsqu’on se rapproche du centre, les ruelles deviennent à la fois pittoresques et très commerçantes. Mais à Sienne, tout converge vers la Piazza dell Campo, très belle place en creux, comme une coquille située en contrebas de tout le reste de la ville, entourée d’immeubles qui s’harmonisent admirablement par le choix des couleurs ocre et blanc. Dans cet ensemble se détache le Palazzo Publico, construction médiévale qui abrite encore de nos jours les services municipaux, elle aussi surmontée d’un campanile très haut et fin, en haut duquel nous n’avons pu manquer de monter.

     Florence 2014 062

    Autour de la place, les rues étroites sont surtout fréquentées par les piétons. Une belle cathédrale attend aussi les visiteurs consciencieux. 

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