• Traité théologico-politique – Baruch Spinoza

    Spinoza constate que la majorité des humains sont généralement crédules et ne réfléchissent guère à la cause des phénomènes ou à la motivation des actions qui marquent l’évolution des sociétés.

    Pour tenter de rompre dans une certaine mesure les explications superficielles qui donnent lieu à des croyances arbitraires, il rédigea le Traité théologico-politique. Celui-ci vise en premier lieu à lutter contre l’illusion dans laquelle vivent très largement les individus dans la sphère sociale. Il traite donc de deux grandes questions qui peuvent paraître étrangères l’une à l’autre : la croyance religieuse et la politique. Cependant, à l’époque où il vivait, ces deux entités étaient liées, puisque le pouvoir politique s’appuyait constamment sur la croyance religieuse pour diriger l’Etat.

    L’entreprise de Spinoza, qui débute par une analyse de l’Ecriture, a été facilitée par la connaissance de l’hébreu, qu’il avait acquise auprès des rabbins de sa communauté d’origine, pour tous les textes de l’Ancien Testament. En revanche, sa lecture du Nouveau Testament a dû être plus ardue, car il n’avait pas poussé l’étude du grec aussi loin.

    Quoi qu’il en soit, par une lecture critique particulièrement fine, Spinoza parvint à démontrer que bon nombre des textes de l’Ancien Testament n’ont pas été rédigés par leurs auteurs présumés, et doivent être datés de plusieurs siècles plus tard qu’énoncé antérieurement.

    Dans son étude, il s’attache longuement aux prophéties et note en particulier : «La prophétie relève de la simple imagination, qui n’enveloppe pas la certitude. A l’imagination du prophète doit donc s’ajouter quelque signe en provenance de Dieu, pour convaincre le prophète de la réalité de sa prophétie. »

    Il précise que « beaucoup de choses sont rapportées réelles dans l’Ecriture et étaient même crues réelles, qui n’étaient que des visions et des choses imaginaires. »

    Il insiste qu’un de ses motifs premiers est de lutter contre les préjugés des théologiens. De surcroît, il existait aux Pays-Bas des minorités religieuses qui subissaient l’intolérance des églises calvinistes. Or, l’un des buts majeurs de Spinoza est la possibilité accordée à chacun de penser ce qu’il veut, sans aucune répression des autorités religieuses ou civiles.

    Sur le plan politique, le système conçu par Spinoza vise à reconnaître l’abandon par les citoyens d’un  Etat de toute prérogative  dans la conduite de la politique menée par le souverain. Il importe que le pouvoir souverain (représenté soit par un monarque, soit par une assemblée de notables), conduise les affaires de l’Etat selon l’intérêt général, tout en préservant les libertés publiques et, en particulier, la liberté de penser. Un citoyen ne devrait donc pas être inquiété pour ses opinions.

    Evidemment, sur de telles questions, Spinoza était un précurseur, et même si ses opinions démocratiques n’allaient pas aussi loin que les normes atteintes de nos jours par les Etats démocratiques, elles étaient très en avance sur leur temps.

    Si l’on compare les conceptions de Spinoza à la théorie de son contemporain Hobbes, il apparaît clairement que Spinoza avait une vision politique beaucoup plus douce que son confrère anglais.

     

    Autres articles consacrés à Spinoza :

    Le Traité politique – Spinoza

    Traité de la réforme de l’entendement – Spinoza

    Correspondance entre Guillaume de Blyenbergh et Spinoza

     

     

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